L'adoption
Un gamin dit qu’il y a des « chez nous » qu’il n’a jamais entendu « avant »… Il dit : « même de l’entendre, ça fait bizarre. C’est bien mais c’est bizarre ».Il dit qu’il faut du temps pour se défaire du temps et en apprendre un autre. Il faut du temps pour arriver de nulle part, pour faire le chemin jusqu’à chez soi.
Il y a des mômes qui trimballent des vies orphelines, et pas assez de place dans le monde autour, pas assez de place dans les endroits qu’ils cherchent.
Cœur troué jusqu’à la peau de tous les endroits où l’on ne peut pas pouvoir…Cœur froissé au bord des mains, pour ce regard de gamine, pas oublié, qui demandait elle aussi un ailleurs : « à quand mon tour pour un bonheur ? ».Et de s’en souvenir, encore, toujours, ça fait des colères quand le soleil a la couleur de ses blondeurs.
Des cœurs de mômes sont semés partout dans des grands gestes ou des plus petits. La rencontre est une urgence.
Cœurs voyages dans une valise, prêts à s’envoler n’importe où plutôt que d’attendre en parenthèses d’aimer.Cœur en regard, pour ne rien manquer, même dans les si longs, si lents silences.
Coeurs en nuit, pas en sommeil, parce que le jour ressemble à tous les jours.
